Crinière d’Or – Paroles et musique : Everen
Dans un présent très lointain
Vit une jeune fille indomptée
En quête de profondeur et de clarté
Éprise de la vérité
Elle ne peut se contenter
Du flou des rumeurs et des préjugés
On dit qu’un terrible fauve
À la crinière grandiose
Hante les sous-bois d’une obscure contrée
Dans l’espoir de le trouver
La jeune fille s’est lancée
À la recherche de l’animal
Elle croit…
Qu’on ne peut pas être si redoutable sans raison
Elle croit…
Qu’au-delà des apparences se cache un être doux
Elle croit…
Qu’elle saura trouver sa vraie beauté.
Elle s’aventure, solitaire
Sans tracé ni repère
Sous les branches d’une forêt austère
Pas à pas, elle s’enfonce
Jusqu’au cœur du mystère
Guidée par la flamme de ses convictions
Plus la lumière s’affaiblit
Plus la noirceur s’épaissit
Dans l’adversité de nature sauvage
Enfin, au flanc d’un rocher
La jeune fille a trouvé
L’antre secrète de l’animal
Elle croit…
Qu’on ne peut pas être si redoutable sans raison
Elle croit…
Qu’au-delà des apparences se cache un être doux
Elle croit…
Qu’elle saura trouver sa vraie beauté.
Elle se glisse dans la pénombre
Et voit, au fond de l’abri
Le majestueux fauve assoupi
Elle le contemple en silence
Quand, troublé dans quiétude
Il ouvre l’oeil et aperçoit l’intruse
Il se dresse, imposant
Et s’avance lentement
En la transperçant de ses yeux brûlants
Sans pouvoir s’en détourner
La jeune fille est maintenant
À la merci de l’animal
Elle voit…
Qu’on ne le disait pas redoutable sans raison
Elle voit…
Que les nobles apparences ont eu raison de tout
Elle voit…
Qu’elle est envoûtée par sa beauté.
« Il est si beau…
Mais j’ai peur de lui… »
Il est temps de partir
Tu devrais t’enfuir
Ne te laisse surtout pas séduire
Fais demi-tour et cours loin du danger
Cours loin, ou il te détruira!
Mais quand des fleurs naissent au bout de ses cheveux
De ses folles mèches, on tombe amoureux
La jeune fille fait, au fond d’elle, un vœu :
« Je voudrais tant plonger dans sa crinière d’or… »
Par un geste irréfléchi
Elle s’abandonne à celui
Qui la dévorait déjà du regard
Aveuglée, elle tend la main
Pour caresser le félin
Quand il bondit, il est déjà trop tard
Dans une terrible étreinte
Les deux êtres s’entremêlent
Le cœur enflammé, la peau lacérée
Et la jeune fille rebelle
Connaît l’extase mortelle
En succombant de ses blessures charnelles
Déchirée sans pitié
Par les griffes du lion.
Et quand des fleurs naissent au bout de ses cheveux
Enterrée là même où dorment ses aïeux
La jeune fille souffle encore cet aveu :
« Je voulais tant plonger dans sa crinière d’or… »